mardi 5 août 2014

C'est en moi.

Je l'ai trouvé au final, ce médicament tant cherché. Celui qui enfin apaisera la flamme noire qui brûle au fond de moi.

Je me suis torturé tellement, dans mon rapport au travail. Courir après l'oseille, sans cesse, faire parti de la chaîne imputrescible du commerce. J'en avais le vertige, j'en avais mal au cul, de me compromettre dans tout ce qui ne correspondait pas à mon éthique, car j'ai choisi d'en avoir une.

Elle est bénie cette saison, elle est merveilleuse et remplies de cadeaux. Les fruits sont mûrs et l'eau coule au ruisseau comme mes larmes tantôt. Mes soins et ma patience ont eu raison du désespoir. Il n'y a rien de plus simple et de plus bête, au béotien qui ne veut pas admettre qu'il est esclave d'un des réels qu'on décrit comme un perpétuel Noël.

Quand j'ai cueilli mes premiers haricots, j'ai pleuré comme un môme. De gratitude envers moi même. Voilà, travail, ce que tu dois être, pour moi et moi seul, et ceux que j'aime. La musique, c'est pas mon travail, même si je la travaille. C'est aussi un jardin, à entretenir, à engraisser. Je ne veux plus être un pantin qui roule comme une putain asservie à des salopes qui rivalisent de mauvaise foi, de mauvais coups, de stratagèmes pour m'asservir à leur idéologies par du travail qui ne rapporte qu'à eux. J'embrasse l’anarchie sur son fondement, qui sent bon l'humus et les chaînes brisées. Je célèbre le vent et les papillons qui sont de bien meilleurs compagnons que mes lectures.

Les mûres, les pèches, poires et abricots, dégueulent leurs sucs dans mon paletot. La menthe embaume les mains de ma fille et le cœur de ma femme. Venez pas me faire chier avec les pronoms possessifs. C'est le paravent des hypocrites. Je gratte la terre, je parle aux lombrics, et je n'ai pas envie qu'ils me répondent. Je monologue avec les merles, je graine les allées pour les piafs qui surveillent de leur becs les limaces grasses qui voudraient s'empiffrer sur mes salades. Le mauve des aubergines me transperce, la rondeur des courges me fait bander, pour un peu, j'y dormirai dans les radis s'il ne faisait pas si humide la nuit. Je dispense l'eau avec le soin d'un chirurgien à corps ouvert, au sein de la paille fermentée qui sent la merde et les promesses.






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