lundi 18 janvier 2016
Aphorisme affligé #5
En bon procrastinateur, j'ai décidé de reporter ma prise de bonnes résolutions pour l'année 2016 à janvier 2017. On n'est jamais mieux servi que par soi même.
L'envie #1
Il ne se passe pas un jour sans que je noircisse un peu de papier, un morceau de page sur un carnet. Il y a toujours au fond de moi une voix qui éprouve une nécessité absolue de parler. Parler, souvent hurler. Il y en a qui me considèrent comme un artiste. La bonne blague.
Si la seule chose dont j'étais capable d'exprimer était mon horreur, ma haine, mon dégoût ? De moi même avant tout ?
Je suis pourtant amoureux des beautés. Mais je n'ai jamais eu le besoin, ou si peu, d'en parler, comme si je considérai qu'elle est une évidence, et qu'en partager mon attraction était futile, inutile. Le beau, le calme, la paix, ça n'est pas romantique, ça n'est pas mainstream, ça n'est pas rock, ça n'est pas pop. C'est pas classe.
Mais la plupart du temps, j'écris pour me vider, comme on se branle. Ça je sais faire. Quand les mots pèsent trop dans mon petit crâne, il faut les éjecter. C'est bien pour cela que je ne pourrais jamais sincèrement me considérer comme un auteur, je répond trop à mes pulsions, et j'ai peur que cela soit un mal contre la littérature. Et encore faudrait il que je sache ce que c'est, la littérature. Ou déjà, que je la connaisse un peu.
J'en connais des écrivains, que j'admire, dont les mots m'écorchent ou me pansent. J'ai la honte au poignet, d'une inculture grasse face à leur bibliothèque intérieure. J'ai toujours été jaloux de ceux qui peuvent mieux que moi. Peut être est ce là le secret de mon échec. La comparaison permanente. La référence.
Je n'ai jamais rien fait pour moi. J'ai toujours cherché à ce que l'on m'aime à travers tout ce que je fais. J'ai toujours eu besoin du regard des autres, et je l'ai encore, sans quoi je ne crois pas exister. Du moins, j'en ai l'impression formelle. Leur regard, seulement cela. Le reste m'indiffère. Leurs pensées, leurs sentiments je n'en ai rien à foutre. Regardez moi, partout et tout le temps, mais surtout fermez vos gueules, ne venez pas partager vos appréciations, ou simplement dites bravo puis laissez moi boire mes bières.
J'admire les égos démesurés, de ces femmes et hommes convaincus jusqu'à la moelle qu'ils sont des génies, des tueurs, qui n'ont même pas besoin de nourrir leur ambition. Je les admire mais je ne comprend pas. Comment est ce possible ? Et pourquoi pas moi ? Non, pas moi, je ne suis pas comme ça.
Si la seule chose dont j'étais capable d'exprimer était mon horreur, ma haine, mon dégoût ? De moi même avant tout ?
Je suis pourtant amoureux des beautés. Mais je n'ai jamais eu le besoin, ou si peu, d'en parler, comme si je considérai qu'elle est une évidence, et qu'en partager mon attraction était futile, inutile. Le beau, le calme, la paix, ça n'est pas romantique, ça n'est pas mainstream, ça n'est pas rock, ça n'est pas pop. C'est pas classe.
Mais la plupart du temps, j'écris pour me vider, comme on se branle. Ça je sais faire. Quand les mots pèsent trop dans mon petit crâne, il faut les éjecter. C'est bien pour cela que je ne pourrais jamais sincèrement me considérer comme un auteur, je répond trop à mes pulsions, et j'ai peur que cela soit un mal contre la littérature. Et encore faudrait il que je sache ce que c'est, la littérature. Ou déjà, que je la connaisse un peu.
J'en connais des écrivains, que j'admire, dont les mots m'écorchent ou me pansent. J'ai la honte au poignet, d'une inculture grasse face à leur bibliothèque intérieure. J'ai toujours été jaloux de ceux qui peuvent mieux que moi. Peut être est ce là le secret de mon échec. La comparaison permanente. La référence.
Je n'ai jamais rien fait pour moi. J'ai toujours cherché à ce que l'on m'aime à travers tout ce que je fais. J'ai toujours eu besoin du regard des autres, et je l'ai encore, sans quoi je ne crois pas exister. Du moins, j'en ai l'impression formelle. Leur regard, seulement cela. Le reste m'indiffère. Leurs pensées, leurs sentiments je n'en ai rien à foutre. Regardez moi, partout et tout le temps, mais surtout fermez vos gueules, ne venez pas partager vos appréciations, ou simplement dites bravo puis laissez moi boire mes bières.
J'admire les égos démesurés, de ces femmes et hommes convaincus jusqu'à la moelle qu'ils sont des génies, des tueurs, qui n'ont même pas besoin de nourrir leur ambition. Je les admire mais je ne comprend pas. Comment est ce possible ? Et pourquoi pas moi ? Non, pas moi, je ne suis pas comme ça.
jeudi 3 septembre 2015
Fermons la.
Il fallait bien qu'à un moment je l'ouvre ici même, à propos des "migrants". D'entrée de jeu, je vais foutre à la trappe ce terme qui me donne envie de vomir. En voilà une bien belle pudeur démocrate qui cherche à cacher une pénible réalité : ce sont avant tout, et par dessus tout, des réfugiés. Des familles entières qui fuient, peu importe où, une mort certaine, de faim, de soif, de guerre. Ce ne sont pas des calculs économiques qui les poussent en Europe, pas plus que les indonésiens en Australie. Ils ne cherchent pas un eldorado, une place au soleil. Ils veulent simplement échapper à la mort. Et si aujourd'hui, tout le monde emploie ce terme de migrant, c'est pour oublier un fait simple et à mon sens indiscutable, nous sommes les responsables d'une situation qui les a obligés à chercher un refuge.
Oui, les responsables, c'est nous. Nous les occidentaux, nous les nantis du monde moderne, nous qui nous torchons le cul avec des chaussettes filées par des enfants indiens. Nous qui depuis des générations continuons à croire en un système qui tient plus du vampire que de l'humain, nous qui persistons à croire en une possibilité de croissance infinie au mépris des réalités élémentaires. Nous qui fermons les yeux chaque jour sur les conditions de l'accès à notre petit confort de merde. Nous qui continuons à voter pour des pitoyables hypocrites qui n'ont que faire du sort de ces malheureux, puisqu'ils sont les commanditaires des guerres qui les assassinent. Nous qui ne pourrions supporter de renoncer à nos voitures, à nos maisons surchauffées, à nos climatiseurs, même si le pétrole est coupé du sang d'innocents. Mais pire, nous qui débattons en commissions, en talk show, du pourquoi du comment du combien ça coûte du quand dira t'on du poids des photos et du choc des maux, et qui refusons d'agir, non pas en délégation, en déportant notre responsabilité sur nos élus. Nous qui sommes emprunts d'une lâcheté qui laissera une trace grasse et honteuse dans l'histoire, tant qu'il en restera une. Nous qui cherchons des excuses à travers les politologues, les philosophes narcissiques et minables, à travers un océan de théories qui ne sont que des prétextes pour fuir l'action.
Alors oui, la photo d'un enfant mort, la gueule écrasé dans le sable, ça fait frémir la bourgeoise qui fera à plus gros câlin à son petit dernier, et ira lui acheter des Nike samedi, même si elles ont étés cousues par des mains à peine plus grande que celle de son Kevin, pour oublier qu'elle a elle aussi du sang de ce pauvre drôle sur les mains. Mais finalement, tout le monde s'en branle. On partage (sic) sur les réseaux sociaux la surface de ces horreurs, parce qu'il faut bien avouer que même notre propre merde elle pue. Et on a pas envie d'y mettre les mains.
Alors agissons, ou fermons là.
Oui, les responsables, c'est nous. Nous les occidentaux, nous les nantis du monde moderne, nous qui nous torchons le cul avec des chaussettes filées par des enfants indiens. Nous qui depuis des générations continuons à croire en un système qui tient plus du vampire que de l'humain, nous qui persistons à croire en une possibilité de croissance infinie au mépris des réalités élémentaires. Nous qui fermons les yeux chaque jour sur les conditions de l'accès à notre petit confort de merde. Nous qui continuons à voter pour des pitoyables hypocrites qui n'ont que faire du sort de ces malheureux, puisqu'ils sont les commanditaires des guerres qui les assassinent. Nous qui ne pourrions supporter de renoncer à nos voitures, à nos maisons surchauffées, à nos climatiseurs, même si le pétrole est coupé du sang d'innocents. Mais pire, nous qui débattons en commissions, en talk show, du pourquoi du comment du combien ça coûte du quand dira t'on du poids des photos et du choc des maux, et qui refusons d'agir, non pas en délégation, en déportant notre responsabilité sur nos élus. Nous qui sommes emprunts d'une lâcheté qui laissera une trace grasse et honteuse dans l'histoire, tant qu'il en restera une. Nous qui cherchons des excuses à travers les politologues, les philosophes narcissiques et minables, à travers un océan de théories qui ne sont que des prétextes pour fuir l'action.
Alors oui, la photo d'un enfant mort, la gueule écrasé dans le sable, ça fait frémir la bourgeoise qui fera à plus gros câlin à son petit dernier, et ira lui acheter des Nike samedi, même si elles ont étés cousues par des mains à peine plus grande que celle de son Kevin, pour oublier qu'elle a elle aussi du sang de ce pauvre drôle sur les mains. Mais finalement, tout le monde s'en branle. On partage (sic) sur les réseaux sociaux la surface de ces horreurs, parce qu'il faut bien avouer que même notre propre merde elle pue. Et on a pas envie d'y mettre les mains.
Alors agissons, ou fermons là.
mardi 21 avril 2015
Aphorisme affligé #4
Je préférerai toujours l'observation des évidences à la recherche de la vérité.
mardi 5 août 2014
C'est en moi.
Je l'ai trouvé au final, ce médicament tant cherché. Celui qui enfin apaisera la flamme noire qui brûle au fond de moi.
Je me suis torturé tellement, dans mon rapport au travail. Courir après l'oseille, sans cesse, faire parti de la chaîne imputrescible du commerce. J'en avais le vertige, j'en avais mal au cul, de me compromettre dans tout ce qui ne correspondait pas à mon éthique, car j'ai choisi d'en avoir une.
Elle est bénie cette saison, elle est merveilleuse et remplies de cadeaux. Les fruits sont mûrs et l'eau coule au ruisseau comme mes larmes tantôt. Mes soins et ma patience ont eu raison du désespoir. Il n'y a rien de plus simple et de plus bête, au béotien qui ne veut pas admettre qu'il est esclave d'un des réels qu'on décrit comme un perpétuel Noël.
Quand j'ai cueilli mes premiers haricots, j'ai pleuré comme un môme. De gratitude envers moi même. Voilà, travail, ce que tu dois être, pour moi et moi seul, et ceux que j'aime. La musique, c'est pas mon travail, même si je la travaille. C'est aussi un jardin, à entretenir, à engraisser. Je ne veux plus être un pantin qui roule comme une putain asservie à des salopes qui rivalisent de mauvaise foi, de mauvais coups, de stratagèmes pour m'asservir à leur idéologies par du travail qui ne rapporte qu'à eux. J'embrasse l’anarchie sur son fondement, qui sent bon l'humus et les chaînes brisées. Je célèbre le vent et les papillons qui sont de bien meilleurs compagnons que mes lectures.
Les mûres, les pèches, poires et abricots, dégueulent leurs sucs dans mon paletot. La menthe embaume les mains de ma fille et le cœur de ma femme. Venez pas me faire chier avec les pronoms possessifs. C'est le paravent des hypocrites. Je gratte la terre, je parle aux lombrics, et je n'ai pas envie qu'ils me répondent. Je monologue avec les merles, je graine les allées pour les piafs qui surveillent de leur becs les limaces grasses qui voudraient s'empiffrer sur mes salades. Le mauve des aubergines me transperce, la rondeur des courges me fait bander, pour un peu, j'y dormirai dans les radis s'il ne faisait pas si humide la nuit. Je dispense l'eau avec le soin d'un chirurgien à corps ouvert, au sein de la paille fermentée qui sent la merde et les promesses.
Je me suis torturé tellement, dans mon rapport au travail. Courir après l'oseille, sans cesse, faire parti de la chaîne imputrescible du commerce. J'en avais le vertige, j'en avais mal au cul, de me compromettre dans tout ce qui ne correspondait pas à mon éthique, car j'ai choisi d'en avoir une.
Elle est bénie cette saison, elle est merveilleuse et remplies de cadeaux. Les fruits sont mûrs et l'eau coule au ruisseau comme mes larmes tantôt. Mes soins et ma patience ont eu raison du désespoir. Il n'y a rien de plus simple et de plus bête, au béotien qui ne veut pas admettre qu'il est esclave d'un des réels qu'on décrit comme un perpétuel Noël.
Quand j'ai cueilli mes premiers haricots, j'ai pleuré comme un môme. De gratitude envers moi même. Voilà, travail, ce que tu dois être, pour moi et moi seul, et ceux que j'aime. La musique, c'est pas mon travail, même si je la travaille. C'est aussi un jardin, à entretenir, à engraisser. Je ne veux plus être un pantin qui roule comme une putain asservie à des salopes qui rivalisent de mauvaise foi, de mauvais coups, de stratagèmes pour m'asservir à leur idéologies par du travail qui ne rapporte qu'à eux. J'embrasse l’anarchie sur son fondement, qui sent bon l'humus et les chaînes brisées. Je célèbre le vent et les papillons qui sont de bien meilleurs compagnons que mes lectures.
Les mûres, les pèches, poires et abricots, dégueulent leurs sucs dans mon paletot. La menthe embaume les mains de ma fille et le cœur de ma femme. Venez pas me faire chier avec les pronoms possessifs. C'est le paravent des hypocrites. Je gratte la terre, je parle aux lombrics, et je n'ai pas envie qu'ils me répondent. Je monologue avec les merles, je graine les allées pour les piafs qui surveillent de leur becs les limaces grasses qui voudraient s'empiffrer sur mes salades. Le mauve des aubergines me transperce, la rondeur des courges me fait bander, pour un peu, j'y dormirai dans les radis s'il ne faisait pas si humide la nuit. Je dispense l'eau avec le soin d'un chirurgien à corps ouvert, au sein de la paille fermentée qui sent la merde et les promesses.
samedi 2 août 2014
32 pieds #1
À trop vouloir être moi même, j'en ai perdu le regard des autres
À trop vouloir que l'on m'aime, j'en ai perdu mon âme entre autres.
À trop vouloir que l'on m'aime, j'en ai perdu mon âme entre autres.
dimanche 11 mai 2014
Garder le moral.
Il faut garder le moral. Il vaut avoir envie de forniquer avec cette belle pomme d'existence, cette bonne poire.
Ça crève de faim à la naissance, même en France mais je m'en branle. Ça se gave à tous les étages. Ça légalise l'inimaginable, ça suce la substantifique toile, par delà toutes les morales. On s'fait des steaks de 4 kilos pour n'en manger qu'une bouchée pour la jouissance de l'abondance, pour bander sur ce trop en trop. On se ment sur le prix à payer, on oublie tout, on s'ferme à tout. Les œillères sont un moindre mal surtout en astrakan. On sniffe la coke des usuriers, de nos proprios prêts à nous achever pour deux mois de loyer.
Tiens j'ai vu, qu'on tire à vue, aux frontières du désert, sans sommation, sans distinction. Maghreb barrage contre l'immigration vers une Europe asservie par inertie à l'exploitation de ses anciennes colonies. Un bateau a encore coulé, avec son fuel et ses réfugiés. Il faisait clair, il faisait beau, jusqu'à ce qu'une torpille touche le radeau. C'est une erreur n'en parlons plus. Ça ne vaut rien quand c'est pieds nus. On ferme les yeux, et on garde le moral.
Produit connard, n'importe quoi, mais produit. De la merde, de l'art, mais produit. C'est ce qui fait de toi quelqu'un, sans ta production t'es rien. Produit et garde le moral.
Qu'elle est belle ma nouvelle téloche. Ecran plasma au prix des gamètes d'enfants ascètes. Mon p'ti chéri tu t'rends pas compte de cette chance que t'offre le monde, tes sœurs sont des putes aux bordels les plus proches de nos Novotels. Toi tu fais tes 14 heures de chaîne, tu sers au moins à quelque chose, à autre chose, toi t'es quelqu'un. Elles, dans dix ans, elle l'auront comme un steak, on en fera des bonniches ou de la bouffe à caniches. Produit et garde le moral.
Ça s'organise en petit clubs, en jardins secrets, en sociétés, où l'on mérite d'imaginer que l'on est au dessus du dessus. On décide ou croit décider de ce qui est bon, de ce qui est à jeter, sans aucun recul ni compassion, on boit des smics, on baise des gosses, on fait la nique à ce vieux Moloch.
T'as pas compris ? Produit. T'entends connard ? Produit. Tu le supportes plus ce monde, malgré tes médocs ? Tu veux plus la voir l'insupportable réalité, avec son pus, sa sueur sa merde, ses cris ? Produit j'te dis, produit. La fatigue finira bien par t'emporter.
Tu l'oublieras la ploutocratie, tu oublieras les escroqueries, tu oublieras que les salauds sont ceux qui décident qui en sont. Tu oublieras ton impuissance, tu oublieras celle des autres, tu oublieras qu'ils ont vingt ans d'avance et que jamais ils ne lâcheront la manette. Tu oublieras que l'on méprise ceux qui n'ont pas encore lâchée prise, tu oublieras que l'on déroule des fosses communes aux marginaux. Tu oublieras les simulacres, de débats d'accords de contrats de pactes, tu oublieras que ton voisin frappe sur sa femme et baise ses gamins. Tires donc la chasse sur tes idéaux, c'est un fardeau. Produit et garde le moral.
On est tous là pour t'aider, médecins, psychiatres et pharmaciens. On va savamment te préparer le pti cocktail pour supporter. Dès le pti dèj, à toi de jouer, trois quatre pilules et c'est plié. Tu participes ainsi à l'effort de guerre, les labos t'en remercieront. A toi de produire pour nous faire jouir, à toi d'acheter pour nous aider, pour aider les autres qui comptent sur toi pour la croissance à tour de bras. Produit et garde le moral.
Tu oublieras le nucléaire, la mer d'Aral et les éléphants, tu oublieras ce que tu as connu, tu aimeras ce qu'on te donnera. Tu devrais le savoir maintenant, ton cerveau c'est ce qui t'fait du mal. Les nôtres sont suffisamment grands pour décider pour toi à présent. D'autres se sont déjà cassé l'nez, à vouloir nous déstabiliser. Mais leur cerveau pour l'coup repeint, d'un rouge que tu connais si bien, tous les caveaux des idéaux, de Marx de Nietzsche et de Rousseau. Accroche toi seulement à l'espoir, de mourir un p'ti peu plus tard que ton voisin, que tes parents, y'a qu'ça à faire et pour longtemps. Produit et garde le moral.
Ça crève de faim à la naissance, même en France mais je m'en branle. Ça se gave à tous les étages. Ça légalise l'inimaginable, ça suce la substantifique toile, par delà toutes les morales. On s'fait des steaks de 4 kilos pour n'en manger qu'une bouchée pour la jouissance de l'abondance, pour bander sur ce trop en trop. On se ment sur le prix à payer, on oublie tout, on s'ferme à tout. Les œillères sont un moindre mal surtout en astrakan. On sniffe la coke des usuriers, de nos proprios prêts à nous achever pour deux mois de loyer.
Tiens j'ai vu, qu'on tire à vue, aux frontières du désert, sans sommation, sans distinction. Maghreb barrage contre l'immigration vers une Europe asservie par inertie à l'exploitation de ses anciennes colonies. Un bateau a encore coulé, avec son fuel et ses réfugiés. Il faisait clair, il faisait beau, jusqu'à ce qu'une torpille touche le radeau. C'est une erreur n'en parlons plus. Ça ne vaut rien quand c'est pieds nus. On ferme les yeux, et on garde le moral.
Produit connard, n'importe quoi, mais produit. De la merde, de l'art, mais produit. C'est ce qui fait de toi quelqu'un, sans ta production t'es rien. Produit et garde le moral.
Qu'elle est belle ma nouvelle téloche. Ecran plasma au prix des gamètes d'enfants ascètes. Mon p'ti chéri tu t'rends pas compte de cette chance que t'offre le monde, tes sœurs sont des putes aux bordels les plus proches de nos Novotels. Toi tu fais tes 14 heures de chaîne, tu sers au moins à quelque chose, à autre chose, toi t'es quelqu'un. Elles, dans dix ans, elle l'auront comme un steak, on en fera des bonniches ou de la bouffe à caniches. Produit et garde le moral.
Ça s'organise en petit clubs, en jardins secrets, en sociétés, où l'on mérite d'imaginer que l'on est au dessus du dessus. On décide ou croit décider de ce qui est bon, de ce qui est à jeter, sans aucun recul ni compassion, on boit des smics, on baise des gosses, on fait la nique à ce vieux Moloch.
T'as pas compris ? Produit. T'entends connard ? Produit. Tu le supportes plus ce monde, malgré tes médocs ? Tu veux plus la voir l'insupportable réalité, avec son pus, sa sueur sa merde, ses cris ? Produit j'te dis, produit. La fatigue finira bien par t'emporter.
Tu l'oublieras la ploutocratie, tu oublieras les escroqueries, tu oublieras que les salauds sont ceux qui décident qui en sont. Tu oublieras ton impuissance, tu oublieras celle des autres, tu oublieras qu'ils ont vingt ans d'avance et que jamais ils ne lâcheront la manette. Tu oublieras que l'on méprise ceux qui n'ont pas encore lâchée prise, tu oublieras que l'on déroule des fosses communes aux marginaux. Tu oublieras les simulacres, de débats d'accords de contrats de pactes, tu oublieras que ton voisin frappe sur sa femme et baise ses gamins. Tires donc la chasse sur tes idéaux, c'est un fardeau. Produit et garde le moral.
On est tous là pour t'aider, médecins, psychiatres et pharmaciens. On va savamment te préparer le pti cocktail pour supporter. Dès le pti dèj, à toi de jouer, trois quatre pilules et c'est plié. Tu participes ainsi à l'effort de guerre, les labos t'en remercieront. A toi de produire pour nous faire jouir, à toi d'acheter pour nous aider, pour aider les autres qui comptent sur toi pour la croissance à tour de bras. Produit et garde le moral.
Tu oublieras le nucléaire, la mer d'Aral et les éléphants, tu oublieras ce que tu as connu, tu aimeras ce qu'on te donnera. Tu devrais le savoir maintenant, ton cerveau c'est ce qui t'fait du mal. Les nôtres sont suffisamment grands pour décider pour toi à présent. D'autres se sont déjà cassé l'nez, à vouloir nous déstabiliser. Mais leur cerveau pour l'coup repeint, d'un rouge que tu connais si bien, tous les caveaux des idéaux, de Marx de Nietzsche et de Rousseau. Accroche toi seulement à l'espoir, de mourir un p'ti peu plus tard que ton voisin, que tes parents, y'a qu'ça à faire et pour longtemps. Produit et garde le moral.
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